Sélectionner une page

Le logement en France devient un casse tête pour en obtenir un. Huit personnes sur dix disent que se loger relève parfois du parcours du combattant. Des histoires qui se comptent par milliers dont certaines prennent des tournures dramatiques ; des mères célibataires réfugiées dans des caravanes ; des familles entassées dans des chambres d’hôtel insalubres ; des ouvriers qui dorment dans leurs voitures etc… Une misère quotidienne médiatisée par des associations marquant les esprits. Avoir un emploi aujourd’hui n’assure plus forcément un toit décent. Plusieurs sondages révèlent que plus de la moitié des Français, et jusqu’à 64 % des ouvriers, ont peur de se retrouver à la rue. Que ce soit en région parisienne ou en province c’est le même constat, les portes de la location ne sont pas plus ouvertes. A Paris, le loyer moyen d’un appartement familial absorbe près de 43 % du revenu médian d’un ménage. En province, la vie est parfois aussi difficile. La flambée des prix de la pierre ces dernières années explique en partie ces difficultés. Mais les racines du mal sont bien plus profondes. Depuis la fin des Trente Glorieuses, il y a eu une déconnexion entre le nombre de constructions en cours et les besoins des Français. Des Maires frileux disent qu’il n’y a pas assez de terrain pour construire. Un faux problème car des espaces il y en a beaucoup mais la plupart du temps non disponibles. Par contre le durcissement des règles d’urbanisme et la volonté politique de préserver les paysages et les territoires agricoles ont conduit à rendre les deux tiers du territoire non constructibles. On construisait en moyenne deux logements pour chaque nouveau ménage dans les années 60, la proportion est tombée à 1 pour 1 depuis 2000, et elle est inférieure à 0,9 en Ile-de-France. Les chiffres ne trompent pas et nous connaissons la pire crise du logement depuis le début du XXe siècle, hormis celle de la période 1945-1954, lorsque la France a choisi la relance économique par l’industrie. De nos jours en faisant l’impasse sur la construction, c’est plus de 3,5 millions de Français très mal logés, et une masse silencieuse de 6,5 millions de foyers se trouvant dans une situation de vraie fragilité immobilière. Il faut noter que le désengagement de l’Etat aboutit à l’affaiblissement des mécanismes d’aides gouvernementales, qui fondent comme neige au soleil. Les soutiens financiers des collectivités locales sur le 1% logement restent très insuffisants laissant les communes à vivre sur leurs fonds propres.

Une crise fabriquée par les pouvoirs publics conduisant depuis 40 ans à des politiques de rareté foncière et insuffisance de construction.


Alain VERDIN
Délégué Départemental RN 86
Conseiller Régional « Région Nouvelle Aquitaine »
Conseiller Municipal de Poitiers

              

Voir tous les articles de l’auteur