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L’agriculteur est au plus mal. Après des années où on lui demandait de produire des milliers d’hectolitres de litres de lait, de fournir à l’industrie agro-alimentaire plus de porcs, d’augmenter son cheptel de bovins, de caprins, d’ovins ; de produire plus de quintaux de blé, de colza et de maïs, tout en polluant sols et en empoisonnant à la fois les consommateurs et lui-même. Pour cela il devait s’équiper et s’endetter auprès des banques pour répondre à cet objectif productiviste, voulu et encouragé par l’Union Européenne. L’agriculteur subventionné était au fait de sa gloire.
Puis l’Europe politique, depuis 1999 ( la chute du mur de Berlin), a souhaité regarder vers l’Est, absorbant la Roumanie, la Hongrie, Slovaquie, Pologne, les Etats Baltes, tous d’anciens pays sous tutelle soviétique, aux capacités logistiques agricoles dépassées mais surdimensionnées : les kolkhozes, les sovkhozes. Si ces anciennes dénominations n’existent plus, elles perdurent toujours sous de nouveaux noms et avec des statuts en accord avec l’économie libérale. Ces méga structures ont eu pour conséquences directes de produire 10 fois plus et 10 fois moins chers ce que produisait l’agriculture française. L’écrasante supériorité de la filière porcine allemande s’explique par le gigantisme des structures pré existantes dans l’ancienne RDA et une main d’œuvre issue essentiellement de la modalité des travailleurs détachés et/ou de l’immigration. La PAC des 12 n’est plus la même à 28 ; le paysan français, autre fois subventionné, est devenu le paysan trader puis le paysan indigent qui indispose et qui se transforme parfois en « gaulois râleur » pour réclamer le droit à vivre de son activité. Un discours prononcé dans une arène antique avec des gladiateurs aurait eu le même effet. Sous l’œil placide des technocrates de Bruxelles et des gouvernements français qui lui ont demandé de produire mieux mais aussi de s’adapter au marché de l’offre et de la demande.
Ainsi toutes les conditions sont réunies pour placer notre ami dans le triptyque de l’impossible : impossible de produire plus, impossible de vendre plus cher, impossible de vivre. Leurré par le mirage d’une Europe économique triomphante et sans défaut, notre paysan s’est aperçu, mais un peu tard, qu’il en était devenu l’esclave. Même l’astre jupitérien n’a pu améliorer la situation, les assises de l’alimentation étaient une fois de plus un leurre. Notre paysan peut répercuter ses coûts de production sur son produit mais celui-ci sera alors plus cher que les autres : les tomates espagnoles sont moins chères que les françaises et le mode de production est identique, le ramassage l’est beaucoup moins puisque c’est une main d’œuvre saisonnière marocaine qui récolte la tomate ; le porc allemand est plus compétitif que le porc français, pourtant les méthodes d’élevage industriel sont les mêmes. Cependant la main d’œuvre essentiellement roumaine et polonaise a une charge sociale patronale de l’ordre de 3.00 euros ; elle est de 30.00 euros pour le chef d’entreprise français qui emploie des salariés français.
Pour récolter 100 % de ce qu’il avait semé, notre paysan s’est endetté auprès des banques pour produire plus, plus vite. Mais de tout cet effort, il n’aura récolté que l’appauvrissement de ses bénéfices, de sa terre, de sa santé ; récolter le surnom de pollueur, d’exterminateur de la faune et de la flore. Aujourd’hui, dans cette Europe qui nous avait été vendue comme prospère ; notre paysan est perdu, stigmatisé et nous devons l’aider.
COMMENT ?
– En supprimant son endettement auprès des banques, celles-là même qui ont été sauvées du désastre financier de 2008 par l’Etat. L’agriculteur pourra ainsi changer de mode de production axée sur la qualité et la sauvegarde de l’environnement avec moins de contraintes. Mise en place d’un délai de 5 ans sans imposition.

– En imposant des prix fixes sur le territoire national, sans dépendance vis-à-vis du marché. Avec une implication participative des grandes surfaces. Restreignant ainsi l’offre et participant à la filière courte.

– En accompagnant et en favorisant l’agriculteur dans l’introduction au retour à une production raisonnée qui tiendrait compte de l’environnement et de la biodiversité pour un bénéfice raisonnable. Avec une interdiction des pesticides et des herbicides non naturels.

– En limitant les grandes exploitations dans la surenchère foncière par l’obligation de reboisement.
L’alimentation et la santé sont liées et elles n’ont pas de prix. Pour le Rassemblement National l’agriculture est l’un des ciments de notre économie. Elle est le symbole d’une tradition millénaire, la carte d’identité de la civilisation qui la porte et la sauvegarde.


Mickaël PALLAC
Délégué de la 2ème Circonscription
Délégué de canton 18

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